Par Arlette Akoumou Nga
Quelques heures après l’annonce d’une nouvelle plainte pour détournements présumés, le président de la Fécafoot répond sur sa page Facebook — par l’ironie, et en attaquant la crédibilité du média qui a relayé l’affaire.
Yaoundé, 15 octobre 2026 (Panorama Papers) – Il n’a pas réagi sur le fond du dossier. Mais sur la forme, Samuel Eto’o a choisi la contre-attaque frontale. Dans une publication sur sa page Facebook, le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) s’en prend à Radio France Internationale, qui a annoncé ce jeudi qu’une nouvelle plainte pour détournements présumés de fonds publics venait d’être enregistrée contre lui par le Tribunal criminel spécial de Yaoundé.
Le ton est celui de l’ironie mordante : Samuel Eto’o raille le média français qui se déciderait « enfin » à donner une « information » — guillemets à l’appui — puis l’invite à commencer par faire le ménage parmi ses propres collaborateurs et à suspendre toute collaboration avec des consultants qu’il accuse d’être impliqués dans des faits de pédophilie qu’il présente comme avérés. « La crédibilité commence aussi par l’exemplarité », conclut-il. Ces accusations, qui ne nomment personne, n’ont à ce stade fait l’objet d’aucune confirmation indépendante, et le média visé n’y a pas répondu publiquement.
La sortie intervient dans le prolongement direct du nouveau dossier qui vise le président de la Fécafoot : une plainte de l’Association des clubs amateurs du Cameroun (Acfac), qui dénonce un prétendu « double emploi » dans le financement de quatre matchs amicaux des Lions indomptables — des dépenses que l’État aurait déjà prises en charge, à la demande de la fédération, et que les organisateurs de ces rencontres auraient également financées. Pour les plaignants, ces faits, s’ils étaient établis, relèveraient du détournement de fonds publics.
L’affaire s’ajoute à la controverse née en septembre autour des retombées financières de ces mêmes matchs amicaux — dont Russie-Cameroun, disputé à Moscou en octobre 2023, et Mexique-Cameroun, la même année : plus de 567 000 euros auraient été versés sur un compte appartenant à Samuel Eto’o plutôt que sur celui de la Fécafoot. L’ancien attaquant avait à l’époque démenti et soutenu que les transactions contestées avaient été autorisées par les instances compétentes de la fédération. Sur la nouvelle plainte, il n’a pas encore pris position sur les faits eux-mêmes ; ses proches dénoncent un acharnement, qu’ils relient à ses prises de position en faveur des intérêts du football africain — notamment son soutien affiché au président de la Fifa, Gianni Infantino.
La stratégie est lisible : plutôt que de répondre point par point aux griefs, Samuel Eto’o déplace le débat vers la crédibilité de ceux qui les relaient. Une posture de combat qui lui est familière, mais qui laisse entière la question de fond — celle que le Tribunal criminel spécial aura à trancher, au bénéfice de la présomption d’innocence : les fonds des matchs amicaux des Lions indomptables ont-ils, oui ou non, été comptés deux fois ?
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