Par Julie Peh
Une vidéo, des commentaires par milliers et une collaboration commerciale suspendue. Depuis quelques jours, Bella Rose et Ngon Eton sont au centre d’une polémique qui agite les réseaux sociaux camerounais. Une affaire qui rappelle, forcément, le précédent Gaëlle Enganamouit.
La séquence ne dure que quelques secondes. Pourtant, elle a largement suffi à embraser la toile camerounaise. Depuis le début de la semaine, une vidéo présentée comme montrant les footballeuses Bella Rose et Ngon Eton circule sur les réseaux sociaux.
Les images ont rapidement suscité toutes sortes de commentaires. Certains internautes y voient la confirmation d’une relation entre les deux joueuses. D’autres appellent à ne pas tirer de conclusions à partir d’une vidéo dont le contexte n’est pas clairement établi. Pour l’heure, aucune des deux joueuses n’a publiquement confirmé les interprétations faites autour de cette séquence.Mais pendant que les internautes commentent, l’affaire a déjà eu une conséquence concrète.
Le 8 septembre, Ange Beauty and Hair a annoncé la fin de sa collaboration avec Ngon Eton. L’annonce a immédiatement été reprise sur les réseaux sociaux et a donné une autre dimension à la polémique.
Jusque-là, l’affaire relevait essentiellement du buzz sur internet. Avec cette décision commerciale, elle touche désormais directement l’image professionnelle de la joueuse.
Dans l’univers des influenceuses et des personnalités publiques, les partenariats avec les marques sont devenus une véritable source de revenus et de visibilité. Une polémique qui prend de l’ampleur peut donc avoir des conséquences bien au-delà des commentaires Facebook ou TikTok.Et ce n’est pas la première fois qu’une affaire concernant une Lionne Indomptable prend une telle tournure.
En novembre 2021, le nom de Gaëlle Enganamouit avait lui aussi été propulsé au cœur d’une énorme polémique après la diffusion sur internet de vidéos intimes la concernant.
Quelques jours avant la diffusion de ces images, l’ancienne Ballon d’or africaine avait saisi la justice contre Brenda Ahanda Nomo, une femme qu’elle présentait comme une amie. Dans sa plainte du 1er novembre 2021, Enganamouit évoquait notamment des effets personnels et une tablette contenant des informations privées et professionnelles.Les vidéos ont malgré tout été diffusées quelques jours plus tard.
L’affaire ne s’est pas arrêtée aux réseaux sociaux. Le 15 novembre 2021, une association a déposé une plainte contre Gaëlle Enganamouit et Brenda Ahanda devant le Tribunal de première instance de Yaoundé-Centre administratif, en les accusant de « pratique d’homosexualité ».
À l’époque, la polémique avait provoqué une avalanche de réactions. L’affaire avait même alimenté les débats autour de la vie privée des sportives et de la manière dont une vidéo intime peut bouleverser l’image d’une personnalité publique.
Cinq ans après, le même scénario ?
La comparaison avec l’affaire Enganamouit doit évidemment être faite avec prudence. Les deux dossiers ne sont pas identiques. Dans le cas Bella Rose et Ngon Eton, les éléments disponibles portent pour l’instant sur une vidéo dont le contexte reste discuté.
Mais le mécanisme médiatique ressemble à celui déjà observé en 2021 : une vidéo circule, les réseaux sociaux s’en emparent, les commentaires prennent le dessus et la vie privée des joueuses devient un sujet public. Avec la décision d’Ange Beauty and Hair, la polémique prend même une dimension commerciale.
Reste maintenant à savoir si Bella Rose ou Ngon Eton décideront de réagir publiquement. En attendant, leurs noms continuent de faire le tour des réseaux sociaux, preuve une nouvelle fois qu’au Cameroun, quelques secondes d’images peuvent suffire à déclencher une véritable tempête médiatique.
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